Champion de France en 1935 et 1938, demi-finaliste de la Coupe UEFA en 1981. Comment un club ouvrier glisse au troisième échelon, et comment il se reconstruit.
Le 28 juin 2023, à l'issue d'une saison de Ligue 2 inquiétante financièrement, le FCSM apprend que la DNCG, faute d'un budget validé, le rétrograde administrativement en National. Pour un club fondé par Jean-Pierre Peugeot en 1928, double champion de France et vainqueur de la Coupe de France seize ans plus tôt, la chute paraît irréelle.
Elle ne l'est pas. Elle s'inscrit dans une décennie où la trajectoire n'a cessé de s'incurver vers le bas, accélérée par la cession à Ledus en 2015, par les difficultés du fonds chinois, par la perte progressive d'investissements industriels du tissu local.
Sochaux n'est pas un club ordinaire. Il a été conçu, à l'origine, comme un outil d'animation ouvrière, dans la lignée des modèles paternalistes des années 1920–1930. L'usine Peugeot finançait, l'usine recrutait des joueurs, l'usine portait le projet sportif. Cette filiation industrielle a façonné une identité durable, jusque dans les couleurs jaune et bleu.
L'âge d'or sportif est ancien (titres de 1935 et 1938) puis renouvelé dans les années 2000 (Coupe de la Ligue 2004, Coupe de France 2007), après une demi-finale de Coupe UEFA en 1981. Mais l'ancrage industriel, lui, s'est érodé : Peugeot ne soutenait plus le club depuis longtemps lorsque la dégringolade s'accélère.
La saison 2023–24 est celle du choc : le FCSM, dont l'engagement en National n'est validé par la FFF que le 17 août 2023, au terme de plusieurs recours, termine 8ᵉ, loin des places de montée. La reconstruction se fait à bas bruit, autour de la consolidation administrative, de la stabilisation budgétaire et d'un effectif construit à coût contrôlé.
« On a continué à venir. Les jours de match, on faisait nos kilomètres. Le club, c'est nous, pas le tableau. »
En 2025–26, dernière saison sous l'appellation National, le FCSM joue enfin les premiers rôles.
Mise à jour, octobre 2026. Sochaux a terminé la saison 2025–26 à la 2ᵉ place, derrière Dijon, et retrouve la Ligue 2, trois ans après l'avoir quittée par la petite porte administrative.
Le stade Auguste-Bonal, intact, reste le rappel le plus tangible de l'histoire. Les jours de match, la tribune est moins remplie qu'au début des années 2000, mais l'ambiance n'a pas changé. C'est ce qui n'a pas glissé avec les divisions.